// NOUVEL PRESSE

L'architecte

Il s’en est dit des choses dans la presse sur l’archi-star Jean Nouvel à l’occasion de l’inauguration du projet de la Philharmonie au début de l’année. Suivant les magazines, étaient évoqués le projet, son architecture, sa position urbaine, la gestion budgétaire ou la dépense de l’argent public, et toujours il y avait un mot sur l’homme, l’architecte que tout le monde connaît, Jean Nouvel. Archi-star par excellence, l’homme est devenu une sommité française qui porte haut les couleurs de l’architecture dans les chroniques quotidiennes.

Et nous l’aimons pour cela, comme quand il monte le ton dans le journal Le Monde contre l’immobilisme du projet Grand Paris à la suite de la consultation internationale de 2008.

Seulement, là où le bât blesse parfois, c’est quand sont énoncés des propos qui dévoilent une star haut perchée. Par exemple, cet article du Parisien, publié en décembre dernier, dans lequel on pouvait lire un portrait de Jean Nouvel qui m’a scotchée.

Mégalo et dépensier, grands crus et Ferrari de fonction, ce ne sont pas particulièrement les travers de Jean Nouvel en eux-mêmes qui m’ont agacée, mais le ton compatissant avec lequel ils sont rapportés ! L’article semble pardonner à l’artiste « son manque de vigilance » sur les gestions financières au nom de son ambition architecturale et de sa créativité. Cette opposition m’effraie.

A travers ce prisme, le journal rend publique l’image d’un architecte déconnecté de la réalité économique, enjeu fondamental de notre métier. Sorti du star-système, un archi doit au quotidien étudier l’approche économique de son projet pour respecter l’enveloppe budgétaire attribuée et engagée (qui n’est pas jamais aussi élevée que celles des archi-star – mais à tout projet son échelle, je le reconnais). Et aucune raison ne vaut excuse sur ce terrain-là, le talent ou l’ambition architecturale encore moins.

Quelle que soit la vérité au sujet de l’inflation budgétaire de la Philharmonie parisienne (passant de 110 M€ à plus de 387 M€, tout de même), il est regrettable de lire un papier qui associe la complexité de ce chantier à l’exubérant portrait de son architecte.

Une image médiatique à prendre avec recul, beaucoup de recul, car, non tous les archis ne portent pas des cols noirs.

A lire : http://leparisienmagazine.fr/architecture-jean-nouvel-la-vraie-nature-de-larchi-star-112549/

Et si vous souhaitez découvrir un vrai reportage sur Jean Nouvel et La Philharmonie, je vous conseille l’article de Vanity Fair.

// CDu

Photo : Sofia Sanchez et M Mongiello pour Vanity Fair

 

Le petit son de l’article : Lady Danville – « Kids »

https://www.youtube.com/watch?v=UDDaqiyOzsY

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6 réflexions sur “// NOUVEL PRESSE

  1. Bonjour,
    Finalement, n’existe-t-il pas deux types d’architectes? Les mégalos ultra-dépensier à l’image de Nouvel ou de Calatrava et les autres?
    Les « archi-stars » imposent des œuvres parfois excessives et bien trop chères (la Philharmonie est un bon exemple, peu importe que l’on aime son architecture ou pas, il s’agit d’un édifice-monument qui s’impose bien trop dans le paysage).
    Les autres, quant à eux, doivent respecter les budgets et réaliser des édifices utiles et agréables pour des êtres humains.
    J’ai l’impression que ces deux types d’architectes n’ont finalement pas le même métier…

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    • Bonjour,
      Merci pour ton intérêt et ton commentaire. Je suis bien d’accord avec cette impression, les deux types d’architectes répondent à des demandes particulières et les exigences ne sont pas les mêmes.
      Pour la même critique d’échelle XXL et d’ostentation, les archi-stars sont tantôt aimés tantôt bafoués. Je préfère largement me confronter aux difficultés de la deuxième catégorie plutôt que de finir schizophrène !!

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  2. Ne faut il s’ affranchir des barrières économiques, financières et techniques lorsqu’on est un visionnaire pour justement arriver à aller plus loin que ce qu’on réussit à faire les autres ? Quelle est la limite entre l’architecte et l’artiste du coup?

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    • La réponse arrive tardivement, pourtant je connaissais depuis le début ma réponse : NON ! A mon sens, l’argent ne fait pas le talent ni la beauté, cette alternative est trop facile. Cela marche pour tous les arts, quelque soit le médium. En architecture, les contraintes sont les vecteurs du projet : site, environnement, sécurité et solidité et .. économie.

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