// PRÊT POUR L’ETE SELON GREGOIRE BRUZULIER

Belmondo et Charron

Les auteurs de Site et Cité attendent avec impatience le mois d’aout pour prendre des congés bien mérités et s’évader vers d’autres horizons que leurs agences d’architecture.

L’atmosphère estivale nous invite à partager avec nos lecteurs quelques conseils de choses à voir, à faire ou à regarder. En espérant que vous trouverez de quoi égayer votre curiosité, n’hésitez pas à réagir et à partager en retour !

 

3 LIVRES

Un Corbusier, François Chaslin, éditions du Seuil, mars 2015

Une biographie controversée du célèbre architecte à qui l’on prête souvent d’avoir été à l’origine du Mouvement Moderne. Au-delà de son architecture, l’ouvrage interroge ses convictions politiques et notamment son rapport aux mouvements fascistes. Il ne s’agit pas d’un livre polémique mais plutôt d’une autre vision de l’homme dont les convictions ne sont finalement que le reflet d’une partie de la pensée de l’époque (les années 20 et 30 en particulier). François Chaslin arpente avec un phrasé précis la vie du Corbusier, entre génie et égarement, entre l’architecte visionnaire et l’architecture politique.

L’aménagement du territoire, Aurélien Bellanger, éditions Gallimard, 2014

L’ouvrage aborde des thématiques qui me sont chères : la transformation du paysage et la gouvernance de l’aménagement des territoires. Un roman qui raconte l’épopée de plusieurs personnages autour de la construction d’une ligne à grande vitesse qui passe dans un village fictif aux confins du Perche. L’auteur commence par faire une description, au travers des différentes histoires des personnages, de la transformation du territoire rural. Le petit village rural dominé par son château et son église, entre rapidement dans l’ère industrielle, rattrapé par la mutation profonde des modes de transport (chemin de fer puis route), le paysage change, les mentalités aussi. Une peinture fine des mécanismes à la fois économiques, politiques et spatiaux qui caractérisent si bien nos territoires.

Le capital du XXIe siècle, Thomas Piketty, éditions du Seuil, 2013

Au premier abord, on s’embarque pour un cours sérieux et complexe d’économie avec Marx dans la tête. Mais Thomas Piketty, qui a fait parler de lui ces derniers temps, notamment avec ses prises de position sur la question de la Grèce et de la zone Euro, a une plume agréable et garde une approche très didactique dans son ouvrage. Il nous embarque dans une explication scientifique des mécanismes économiques qui conduisent à l’augmentation des inégalités et au creusement des écarts de richesse. Même si cet ouvrage n’est peut-être pas le seul point de vue sur la question, il est pour un néophyte comme moi en économie, une autre façon de cerner un peu plus le système dans lequel nous vivons, malgré nous.

Pour aller plus loin : article 1 et article 2 du Monde Diplomatique

 

3 FILMS

Interstellar, Christopher Nolan, 2014

Un film de science-fiction réalisé par celui qui nous présentait un autre visage des architectes dans Inception. Ici, il est aussi question d’architecture, mais d’abord de l’architecture du temps. Dans un monde terrestre qui se meurt, des astronautes tentent de partir à la recherche d’une autre galaxie qui pourrait accueillir le nouvel embryon de l’humanité. Au-delà de l’histoire et du récit construit autour de la science, le film est un voyage dans les espaces et dans les temps, une exploration à la fois visuelle et intellectuelle des limites des espaces que nous semblons connaitre. Le tout est enrobé d’un peu de spectacle, mais la science-fiction est aussi un moyen rêveur d’interroger le présent, parfait pour une soirée étoilée.

Richard III, Richard Loncraine, 1995

Une adaptation pour le moins déroutante de la pièce éponyme de Shakespeare. Plongé dans un univers qui s’inspire du climat dictatorial des années 30 en Europe, le texte de l’auteur est repris mot pour mot et transposé à des problématiques pour le moins contemporaines du siècle dernier. Richard, le frère mal-aimé de la famille, n’hésite pas à tuer et à mentir pour accéder au trône. Un voyage étonnant dans l’histoire, à trois vitesses : le texte de Shakespeare, les années 30, le regard des années 90 sur cette période de l’histoire.

L’homme des hautes plaines, Clint Eastwood, 1973

Un bon classique, le western dans toute sa tradition (oui, tout y est), avec un village peint en rouge en guise de décor. Il est possible de raconter beaucoup de choses intelligentes sur la construction du film, comme ici, je vous conseille vivement de vous replonger dedans, un jour de forte chaleur, vous vous y croirez presque.

 

3 BALADES

La maison du projet du Haut de la rue Nationale, 13 rue Nationale, Tours

Il est possible d’imaginer un lieu plus rêveur pour passer un moment cet été, mais ce vaste projet de reconstruction de la principale entrée de ville nord de Tours sur la Loire est l’un des grands projets de cette dernière décennie (SEURA architectes pour les espaces publics, Arte Charpentier pour les hôtels Hilton). On y présente des maquettes du projet retenu, des visuels et le lieu est animé par un sympathique étudiant en sociologie. S’informer est la première étape pour entrer dans un débat citoyen, à l’occasion je vous livrerai mon analyse du projet.

L’ancienne abbaye cistercienne de la Clarté-Dieu, Saint-Paterne-Racan

Monument peu connu et restauré avec passion par une amicale qui lutte contre le temps, l’abbaye de la Clarté-Dieu offre un havre de paix pour les voyageurs de passage ou les simples curieux. Comme beaucoup d’abbaye cistercienne, elle semble au milieu de nulle part, dans la vallée de la Clarie, dans les gâtines du nord de la Touraine et le pays du poète Racan. On m’avait appris une fois la formule : cistercien, rien. Rien dans le décor et le faste, peut-être, mais tout dans l’architecture et les paysages, la Clarté-Dieu le confirme.

Teufelsberg, Berlin

Ceux qui sont allés à Berlin la connaissent sûrement déjà, la « colline du diable » est une colline artificielle de l’ancien Berlin-Ouest qui abritait une station d’écoute de la NSA. Aujourd’hui abandonné, le lieu fut longtemps interdit d’accès pour des raisons de sécurité. Il connait depuis quelques années un renouveau grâce au milieu artistique berlinois. Le détour vaut surtout pour un paysage artificiel exceptionnel, une colline de 120 mètres d’altitude montée avec les débris des ruines des bâtiments détruits pendant la Seconde Guerre Mondiale, au milieu d’une immense plaine.

 

//Grégoire Bruzulier

Image d’en-tête: Archilife de Federico Babina (Belmondo et Charron)

Le petit son de l’été: Roberto Fonseca – « 80’s »

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