// LE PAYSAGE SE MONTRE – L’image-récit #5

Image à la une de La ville en débat sur Site et Cité, atelier d'écriture pour jeunes architectes


Une canopée aux couleurs automnales, un relief qui se fond en tableau pictural, une épaisse brume qui masque l’horizon. Matières et formes se perdent dans le végétal tandis que le regard s’attarde sur la beauté du tableau. Un paysage, une étendue de pays qui s’offre à nous et suscite l’impression, l’expression, le sentiment. L’image est sensible, elle dessine plus qu’elle ne montre, elle raconte plus qu’elle n’énonce. L’architecture est végétale, l’organisation spontanée ou du moins, naturelle.

C’est bien cela, l’image que nous avons en tête – et sous les yeux – du paysage naturel. Celui sur lequel l’Homme ne serait pas encore intervenu, celui qui vit en marge de l’Homme et compose seulement avec la géographie, le climat, l’environnement.

UN PEU DE BEAU

A la grande différence de l’architecture qui engendre passions et débats dès lors qu’il s’agit de la qualifier, le paysage naturel semble plus facilement recueillir le consensus sur son caractère esthétique. Si le paysage est une notion qui ne renvoie pas uniquement aux éléments naturels (paysage bâti, paysage industriel), nous nous focaliserons dans cette prochaine séquence sur le seul paysage naturel.

La beauté des paysages naturels nous séduit toujours. Ils dégagent une forme de naïveté que nous perdons parfois de vue dans les formes trop construites. Le paysage naturel est souvent un voyage, ou une invitation à l’imaginaire qui n’a pas de limites, car il projette notre regard au-delà des horizons et des fantasmes, l’étendue ne s’arrête pas, elle a seulement une origine, un point de vue, un lieu d’où est prise l’image. Je sais d’où je pars, mais je ne sais pas jusqu’où je vois.

La beauté des paysages naturels ne s’explique pas toujours, car elle réside aussi dans le récit que les matières et les couleurs nous racontent. La photographie est prise à l’automne, les feuillus se mélangent aux résineux dans une atmosphère humide et un relief prononcé. La force des paysages s’exprime dans le témoignage qu’ils représentent d’une époque ou d’un lieu, parfois même d’une histoire quand l’Homme a interféré avec la nature.

La beauté des paysages se lit enfin dans l’expression du vivant qu’ils incarnent. Une forme de dynamisme et de mouvement qui attire l’œil et éveille notre curiosité. Les arbres changent de couleur, la brume va disparaître, le feu transformera la colline l’été prochain, bref, le tableau n’est jamais figé, il est l’expression d’un moment.

UN PAYSAGE A TROIS

Il est possible de vouloir protéger les paysages, les faire évoluer ou les représenter, mais leur principale beauté repose sur leur caractère éphémère : un point de vue, un récit, un moment. Une trilogie qu’on ne peut provoquer qu’une seule fois.

Que raconte la photographie ? (ce que je comprends)

Où a -t-elle été prise ? (le lieu où je suis)

Quand a-t-elle été prise ? (le présent que je vis)

C’est bien tout cela, la beauté d’un paysage.

 

// Grégoire Bruzulier

Le petit son de l’article : Oldelaf « la tristitude »

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