// L’ART SELON OSCAR WILDE

Site et cité Définition art architecture Oscar WildeProject State of Art Venice | George Nijland

 

La littérature est une inspiration quotidienne, parfois il suffit de quelques lignes pour retenir notre attention et évoquer un bâtiment, une architecture singulière, un art de vivre.
Cette semaine, nous vous proposons de relire la préface d’Oscar Wilde dans le Portrait de Dorian Gray. Ce texte propose une définition très intéressante de la place de l’artiste, de l’importance de l’art et de leur rapport l’un à l’autre. En remplaçant le mot art par architecture et artiste par architecte, le parallèle est saisissant et transcrit bien la vision que nous essayons de faire partager sur Site et Cité.

Imprégnez-vous de cette poésie et méditez. Jusqu’à vendredi prochain.

// CDu

> Le Portrait de Dorian Gray : Préface. Oscar Wilde.

 

L’artiste est créateur de belles choses.

L’art a pour but de rendre l’art manifeste et de cacher l’artiste.

Le critique est celui qui sait traduire autrement ou dans un nouveau matériau l’impression qu’il éprouve devant de belles choses.

La critique, dans sa forme la plus élevée comme la plus basse, est une forme d’autobiographie.

Ceux qui voient dans les belles choses des significations laides sont corrompus sans être charmants. C’est une faute.

Ceux qui voient dans les belles choses de belles significations sont cultivés. Pour ceux-là, il y a de l’espoir.

Ils sont les élus pour qui les belles choses ne signifient que Beauté.>

Il n’existe pas de livre moral ou immoral. Les livres sont bien ou mal écrits. Voilà tout.

L’aversion du XIXe siècle pour le Réalisme, c’est Caliban enrageant de se voir dans un miroir.

L’aversion du XIXe siècle pour le Romantisme, c’est Caliban enrageant de ne pas se voir dans un miroir.

La vie morale de l’homme n’est qu’une partie de ce dont traite l’artiste alors que la moralité de l’art consiste en l’usage parfait d’un médium imparfait. Un artiste ne désire rien prouver. On peut tout prouver, même des choses vraies.

Un artiste n’a pas de préférences éthiques. Chez un artiste, une préférence éthique est un maniérisme impardonnable.

Un artiste n’est jamais morbide. L’artiste peut tout exprimer.

La pensée et le langage sont pour l’artiste les instruments de son art.

Le vice et la vertu sont pour l’artiste les matériaux artistiques de son art.

Du point de vue formel, l’art du musicien est l’archétype de tous les arts. Du point de vue de l’émotion, cet archétype réside dans le métier d’acteur.

L’art est à la fois surface et symbole.

Ceux qui vont au-dessous de la surface le font à leurs risques et périls.

Ceux qui interprètent le symbole le font à leurs risques et périls.

L’art est en réalité le miroir non de la vie mais du spectateur.

La diversité des avis sur une œuvre d’art signifie qu’elle est nouvelle, complexe et essentielle.

Là où les critiques diffèrent l’artiste est en accord avec lui-même.

On peut pardonner à un homme de faire une chose utile tant qu’on ne l’admire pas. On n’a d’autre excuse lorsqu’on fait une chose inutile que de l’admirer intensément.

Tout art est parfaitement inutile.

 

Photo : ©George Nijland

 

Le petit son de l’article : Naughty Boy – « Runnin’ (Lose it All) ft. Beyoncé, Arrow Benjamin»

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Une réflexion sur “// L’ART SELON OSCAR WILDE

  1. Oui très beau parallèle, et quand on pense qu’en plus l’architecte inscrit son art au cœur de notre quotidien on voit d’autant plus combien il nous est essentiel !

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